Une petite note moins théorique. Du vécu. Du vrai. Avec du rire, des larmes, des émotions dedans.

Z'êtes prêts j'espère!

La scène se passe lundi, pour ne rien vous cacher. Alors, vous m'imaginez, rentrant chez moi. Un soir de grosse fatigue, après une dure et chaude journée. Je devais manger avec un des managers de la boîte, qui finalement s'est décommandé, alors un peu déçue (je n'aime pas avoir des annulations de dernière minute, j'ai l'impression qu'on m'a "volé" mon temps).

Oui, oui, je viens aux faits.

J'ouvre ma porte et trouve (comme d'habituuuuudheuuu) mon courrier. Ha tiens une lettre qui n'est : ni d'EDF, ni des Impôts, ni d'une mutuelle, ni même de ma banque...
Adresse écrite à la main d'une drôle de couleur. Un genre de vert métalisé.
Une écriture que je ne connais pas.
Pas de destinataire.

Qu'est ce que vous croyez que je fais???????
Hé oui. J'ouvre. Je trouve une lettre tapée à l'ordinateur qui commence ainsi:

" Chère Anne,
Je vais t'écrire ce que je n'ai jamais eu l'occasion de pouvoir te dire"

Là, moi j'étais persuadée que c'était ma tante, spécialiste du come-back catastrophe. Genre : attention je te sors The BiG Family Secret.

Sauf que ça continue par:
"depuis que tu est arrivée à X, je suis fasciné par ce que tu es"

Déjà, ça commence mal. S'il y a bien un rôle que je ne supporte pas c'est d'être le centre d'attention d'une personne, alors que l'on soit fasciné par moi ça me semble - heu - flippant.

Cela continue par tout plein de truc expliquant combien je suis effectivement fascinante. Et O combien il serait intéressant de me connaître d'avantage.
Je garderais de cette lettre le fait que je suis naturellement belle, intelligente et attentionnée, délicate dans mes gestes, ma voix, mes sourires. Sensible et subtile, pour ne rien gâcher (je vous le fait en résumé).
Il fini par un truc comme "franchement tropadbol: tu es ma Rh, et du coup... il parrait qu'éthiquement tu ne pourras pas" (j'aimerais bien savoir qui lui a dit ça tiens...).

Hé bien, ce fut une des choses les plus dures que j'ai eu à gérer en tant que RH. Parce que ce poste implique une responsbilité motivationnelle auprès des collaborateurs, une écoute, une compréhension de chacun.... Mais là, je ne peux pas comprendre.
Parce qu'il m'a mis face à une de mes pires peurs (être le centre d'intérêt exclusif d'une personne).
Parce qu'il a été arrêté une semaine parce qu'il n'arrivait plus à gérer la situation... (bravo la RH qui occasionne des abscences)...
Parce que je me suis sentie prisonnière: je n'ai rien fait comme signe qui puisse lui faire comprendre quoi que ce soit; au contraire!!!

Comme la vie elle te fait parfois des blagues, il se trouve que dans le petit bureau dans lequel je bosse, nous sommes 7 et avons de la place pour 15. Alors régulièrement, nous acceuillons de petites sociétés en création.
Il se trouve qu'une "antenne" d'Ecole de Commerce est en train de se monter dans la salle d'à côté, et que vla-ti-pas que la DRH de cette antenne, est une de mes anciennes maître de stage!! Elle s'est déplacé hier (l'antenne ne comprend que deux assistantes) pour effectuer des entretiens. Très heureuses de se revoir.
Je lui ai parlé de mon aventure.
Elle m'a dit qu'il lui était arrivé une chose similaire: après une formation de 2 jours qu'elle animait, elle reprend sa voiture pour rentrer chez elle. Et là, s'était assit à côté d'elle, un des gars qui avait assisté à sa présentation.
Il voulait rentrer avec elle!!!

Elle m'a également rassuré en me disant que "ça arrive" et que je n'ai pas eu le besoin de faire quoique ce soit pour générer ce comportement. Elle m'a expliqué que le rôle des DRH étant très proche d'un rôle d'aide, de soutien (même si cela reste focalisé sur le travail),  les personnes affectivement instables y voient des choses qui n'existent pas et un soutien inconditionnel.

Cette histoire m'a vraiment chamboulée.
Je viens de lui répondre.
Les mecs, c'est chiant.